VéLayouDOn
Ce soir je n’ai aucune raison d’être heureuse. J’ai les yeux explosés après une journée entière devant l’ordinateur, et ma vie ne me semble pas moins compliquée qu’hier. Pourtant, pourtant, j’ai une irrépressible envie d’être heureuse… Et de semer du bonheur que je voudrais voir germer et fleurir tout autour de moi.
Tout a commencé ce matin, lorsque qu’après un réveil tout en douceur et une douche au jasmin, j’ai décidé d’apporter le petit déjeuner à mon collègue P (celui là même à qui j'ai voulu, il a quelques temps arracher un oeil), juste pour le plaisir. Et pour l’aider à sortir de cette poisse qui semble lui coller à la peau depuis quelques temps. La journée avait bien commencée : j’avais paressé longtemps sous la douche, et étrangement, avais trouvé sans peine, sans m’énerver et sans transformer la penderie en souk de Marrakech, de quoi cacher ma peau et mes os, et tout le reste… J’étais donc en bonne condition pour offrir un petit déjeuner de sortie de poisse.
La matinée a été très computeresque, et à midi, je suis malgré tout sortie mangée en souriant. !!!… J’avais trois messages sur mon répondeur : des amis avaient pensé à moi dans la matinée… Des gens m’ont souri dans la rue, répondant certainement à mon sourire béat ; le bonheur est prolifique ou contagieux…L’après midi studieuse, c’est achevée après un dernier élan de travail acharné tout en sourire, et le temps était tellement clair en sortant du bureau, qu’il eut été criminel de ne pas se diriger vers la promenade la plus proche pour profiter des quelques heures où le ciel nous épargnait de ses larmes de pluies… Des kaïalis pêchaient tranquillement, et des gars, forcément beaux et légèrement vêtus courraient me saluaient, courraient, souriaient…s’arrêtant pour des abdos et étirements, dévoilant leur poitrine virile et se douchant le torse aux fontaines publiques… Bon, ouais, j’exagère sans doute un peu, là… Heu, l’écriture s’emballe et dépasse parfois la réalité mais c’était à peu de choses près ça ! (Bon, d’accord, ils courraient juste… pff…MAIS ils souriaient aussi). J’ai marché en communion avec la nature, m’arrêtant de temps en temps pour souhaiter aux arbres, aux fleurs, aux petits oiseaux un prompt rétablissement après les bourrasques Deanesque qu’ils viennent de subir. Arrivée sur la place du bord de mer, je me suis empli les volutes nasales de l’odeur de la mer, des embruns, et j’ai tendu mes joues au sel au vent, et écarquillé mes yeux aux bleus conjugués du ciel et de la mer. J’ai bouquiné un peu en écoutant de la musique et l’histoire que je lis se termine miraculeusement bien... Les enfants sortis de l’école, jouaient sur la place, heureux, comme moi. Je leur ai renvoyé le ballon lorsqu’il venait vers moi… Et en face, un festival de couleur annonçait le coucher du soleil en grande pompe… J’allais me délecter du spectacle de couleurs chaudes lorsque, allez savoir pourquoi, je me suis mise à penser à ma leçon de math de 5ème. Le prof, un petit zindien coulis à la peau cacao nous expliquant pour quelles raisons le calcul mental était une arme pour se défendre dans la vie : il avait réussit à berner une caissière de supermarché sans doute calculophobe en achetant plusieurs packs de bière et en annonçant lui-même le prix, et nous le racontait, sourire aux lèvres. Mr Velay, petit homme musclé moustachu, aux joues rondes, à petites lèvres fines au sourire permanent, cheveux toujours impeccablement coiffés et brillants. Je me demande si je n’étais pas inconsciemment amoureuse de lui : c’est en 5ème que je me suis prise d’une irrésistible passion pour les chiffres et les formes géométriques…
Quelques éléments de ce délirium sont vrais... Preuve ?
Par Kalalou, Jeudi 4 Octobre 2007 à 19:59 GMT+2 dans Petits bonheurs en vrac... (article, RSS)





