Un Autre BoNhEuR...
Elle sourit et son visage s'illumine. Ses yeux en amandes se ferment et s'arrondissent. Elle est heureuse. Son mari est à ses côtés, son bébé est tranquillement assis dans sa poussette. Le petit visage rond de son bébé se tourne à droite et à gauche. Curieux, il veut tout voir. Il a encore toute la vie pour apprendre le monde... Les traits durs de son mari se laissent attendrir par la bonne humeur, la fraicheur, les sourires de son épouse. Par la joie
de vivre cette vie là. On le surprend en flagrant délit de sourire. Ses traits se détendent dans la foule indifférente. Indifférente à la complicité palpable entre ces deux là. Elle respire le bonheur, et son bonheur est contagieux. Elle, lui, le fruit de leur amour, et le monde inexistant autour d'eux. Son voile glisse et elle l'ajuste hâtivement. Elle s'appelle peut être Fatima et elle porte le voile. Je suis assise en face d'eux dans le métro, hypnotisée par la scène. Je les déshabille du regard, je ne peux m'empêcher de les dévisager encore et encore, sans discrétion, sans pudeur, sans aucune forme de politesse. Je conçois difficilement qu'un tel bonheur puisse être possible, avec ce que je perçois comme une privation de liberté. Pas une mèche de ses cheveux ne dépasse du voile de toile épaisse. Ce bonheur me parait inconcevable. Je réagis, je réfléchis à l'occidentale et mes neurones ne peuvent établir de connection positive entre la scène qui se déroule sous mes yeux et l'idée que je me fais du bonheur. Impossible avec ce voile qui emprisonne selon moi une partie de ses libertés. Mais peut être l'a t-elle librement choisi. Le mur de mes préjugés s'effrite petit a petit. Ce sont les mêmes préjugés qui amènent à penser qu'il faut porter des souliers vernis et des noeuds roses aux cheveux pour être heureux. Qu'un enfant qui vit couvert de la terre poussiéreuse d'Afrique ne peut être heureux. Qu'un enfant qui partage la couche de 5 de ses frères ne peut être heureux. Que cette vie là ne peut conduire au bonheur. Je réalise a quel point notre culture peut constituer des œillères que nous devrions tenter parfois d'enlever pour mieux apprécier le bonheur des autres...
Par Kalalou, Dimanche 4 Novembre 2007 à 15:44 GMT+2 dans Actualité couci-couca... (article, RSS)





