Kalalou

"Moun Karayib"... où l'étrange défaillance de mon système auditif.

Je me rend compte que le Kalalou est bien Cui-Cuiesque depuis quelques articles... Et l'article qui suit parle encore de chant. Mais pas d'oiseau cette fois. Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'un album qui m'a dupée... « Moun Karayib ». Première écoute distraite de quelques fragments de l'album, la musique, l'ambiance acoustique, les percussions, les rythmes "mouth-made", la voix langoureuse du chanteur... Une ambiance plaisante. N’écoutant que mon oreille (sans doute souffrante à ce moment là), j'ai acheté sans une once d’hésitation. Mon enthousiasme est retombé comme un soufflé lorsque, dans le calme du bungalow, j’ai pris la peine d’écouter le disque en entier, paroles et musique comprises. Mon oreille et ma première impression m’avaient trompées. Les thèmes abordés sont relativement classiques : l’amour patriotique, des femmes, de son enfant, parsemé d’un peu d’histoire (le morceau « ti la pli si tôle » sort un peu de ce classicisme). La pauvreté des paroles est assez effarantes : quelques paroles sont reprises en boucle durant tout un morceau. Et seuls un ou deux tracks se dégagent pauvrement du lot… La voix d’Olivier est sympathique durant quelques minutes. Au bout d’un album entier, son timbre un peu plat de zouk-loveur du samendi soir est grandement entêtant.

Autrement, une chose m’a choqué durant l’écoute : l’absence totale de cohésion entre les thèmes abordés et les rythmes qui sont employés. Le disque semble vouloir défier les règles de la prosodie. Un petit troubadour commence, rythmé par une bonne basse. On a envie de bouger un pied, voir les deux… En tendant l’oreille, on se rend compte qu’à grand renfort de trémolos et de rythmes collés-sérrés, on parle de martyrs qui ont préféré la mort à l’esclavage… Le tout suprêmement surjoué par l’Olivier qui va de trémolo en trémolos, explorant les recoins de ses jeunes cordes vocales. S’en est trop. 

« Moun karayib » c’est un ensemble d’artiste talentueux qui ont bien compris le rythme et l’effet global que devrait produire un bon album acoustique, mais a qui il manque un petit quelque chose à mon goût. Je crois qu'écouter un morceau à la fois est largement suffisant…

« Vini kouté » aurait pu être un bon album mais je crois que tout cela manque de maturité. Peut-être le prochain, en espérant que d’ici là…

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Pour oreille (et esprit) !

 

J'écoute en ce moment Navega, de l'étonnante Mayra Andrade, Cap verdienne, chantant en créole Cap verdien, d'une voix suave et enveloppante, des chansons dont on ne se lasse pas. Et je dis, attention, talent ! hé hé hé héé...

La demoiselle est cap verdienne. De là à tout de suite chercher une filiation musicale avec Cesaria Evora... Les styles sont différents, les influences, rythmes et tons également. Césaria nous a fait découvrir la morna et les multiples rythmes cap verdiens, Mayra les marie les mélange et les métisse avec d'autres sonorités. Des relents de Jazz, de musiques latines et des percussions "presque africaines" (batouk effréné) rythment les morceaux dans une ambiance feutrée. 

 L'inattendu Tété signe un des morceau de l'album, et les critiques élogieuses tombent "comme s'il en pleuvait".

 

 Autre continent, autre style, celui de Brother Jacques, Jacques Schartz Bart. L'album se laisse écouter sans peine (c'est un euphémisme) : Les contours du gros Ka et du jazz y sont habilement re-dessinés ; un véritable dialogue entre les tambours gros Ka et le saxophoniste de Jazz s'instaure. Mais il faut voir l'homme en concert faire des circonvolutions autour de ces créations de base, les démonter, les remonter sans complexes, sans réticences, pour le plaisir des oreilles. Le son du sax est limpide, et là encore, il se peut fort qu'un talent soit en train de percer sous nos yeux...

 

 

 

Pour finir, Bratsch a sorti un album avec tous leurs petits et grands amis. Le résultat est San sévérino chantant Tavès Bartalo, La rue Kétanou (Au bar est barré Papa...) O. Ruiz et Juliette sur du Bratsch.... Tous les autres (Khaled, Debout sur le Zinc, Tété, Lhasa, Nery, Nourith, Charles Aznavour et Balbino Medellin) sont sur "Plein du monde". Des nationalités différentes, des cultures différentes, harmonieusement réunies par la musique.

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Quand le Jazz est, Quand le Jazz est là… La BiGuIne RESTE !!!

Je suis décidément branchée « saveurs locales » ces jours ci : Toujours dans le domaine des musiques caribéennes, je ne peux que conseiller l'étonnant "Soné Ka la" de Jacques Shwarz-Bart. C'est un son assez inédit et qui confirme bien la tendance pressentie depuis quelques temps : la musique antillaise semble connaître en ce moment un renouveau, un rafraîchissement, aussi bien dans l'île du nord (la Guadeloupe pour ne pas la nommer), qu’en Martinique, qui n’est pas en reste. Je veux bien entendu parler de Canonge, Gill Rosine, Césaire, Télèphe, Vielet, Dorwling, Claudion, Tulle, Barst, Deshayes, Coco et tous ceux, qui ont depuis longtemps réalisés de savant mélanges entre les différentes musiques de la Caraïbe, s'affranchissant des frontières banalement matérielles pour aller puiser ici et là de nouvelles sources d'inspiration et de nouvelles sonorités afin de conférer d'autres couleurs à la musique locale.
On ne peut plus désormais laisser dire que les Antilles françaises "c'est le zouk et la dance-hall", même si ces musiques ont permis de faire parler du paysage musical antillais hors de nos frontières. Cette vision réductrice fausse (sans doute véhiculée par des sourds) est définitivement dépassée : les alternatives sont belles et bien disponibles et tout un chacun n'a plus qu'à tendre l'oreille, car cette musique est loin d'être élitiste, pour preuve, le plublic nombreux et bravant pluies et vent au dernier festival Jazz-Biguine. Des artistes précurseurs, tels que Guédon, Mileine Bey, les frères Bernard, Bois Koré… avaient déjà commencé à teinter de sonorités jazzy la musique locale (voir, à produire un jazz pur local). Ils sont aujourd’hui suivi par de jeunes artistes talentueux persistant dans le jazz ou apportant, et pour notre plus grand bonheur, de nouvelles sonorités. J’ai récemment entendu parlé de mélange Gros Ka, Maloya… Je profite avec délectation de tout cela et j’attends la suite avec impatience…

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Dans la famille des Inclassables, Je demande... Le fils !


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On imagine sans mal les acrobaties digitées des violonistes, malmenés par le compositeur de cette rhapsodie endiablée. On imagine la gorge serrée de la pianiste devant le public exigeant de l’Atrium ce fameux vendredi soir.
La rhapsodie nègre ce veut être un petit bout de notre histoire collective, souvent décrite comme triste et miséreuse, mise en musique par M. Césaire. Au vu du résultat, on ne peut que penser aux petites joies individuelles qui prenaient sans doute une ampleur totalement démesurée dans la misère ambiante. Bonheur au son des tambours, qui rythment de façon insolite cette rhapsodie que l’on ne saurait qualifier. Classique ? Pas tout à fait. Traditionnelle ? Non plus. Nouveau, renouveau, originale, innovant, audacieuse, neuve, inattendue ? Certes, OUI ! La rhapsodie est un petit régal pour l’oreille.

Sur le même album, les fantaisies martiniquaises se laissent également écouter. On y reconnaît des versions agréablement réarrangées de « Fo pas ou pléré ti ma fi », « Solune », du même compositeur…
Cet album est, en somme, un petit bijou qu’on doit avoir, si on refuse d’écouter comme tout le monde, de la musique en conserve !

Bonne écoute !!!
Rhapsodie Nègre et Fantaisies Martiniquaises
Manuel Césaire
Hibiscus Record

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MusiQue d'iCI, et d'ailLeUrS


TITRE_IMAGE Déjà entendue dans le groupe tradi antillais Bélya, déjà remarquée pour la justesse de sa voix au son des Tambours du bélè, Valérie Louri se lance dans le solo, sur des textes aux mots ciselés, ajustés adroitement et avec finesse par Marc Elmira. De petits airs de bossa (Césaria...), une ambiance essentiellement acoustique mettant en relief une voix bien placée que l'on sent parfois influencée par les majors (et majorines) de la place... Les tambours scandent le rythme, le violon de C. Germain ajoute une touche parfois insolite à cet univers alliant le traditionnel Antillais et la Bossa sans se gêner...
Le premier opus de Valérie Louri est un futur incontournable...
Valérie LOURI, Bay Lanmen, Hibiscus record.

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Trois petits tours et puis s'en vont...



Bon, ce n’est pas vraiment une chose pour faire bouger son corps, à moins d’avoir vraiment, beaucoup d’imagination… Quoi que…en réfléchissant bien… La très « everything but not conventional » Marta Wainwright ! Un CD sorti l’année dernière, quasi introuvable… Ben, c’est du bon son messieurs-dames… La voix un peu rauque qui traîne ou se précipite et qui semble un peu sortie d’outre-tombe parfois, très loin des voix formatées dont on nous gave ces temps-ci, les excellentes grattes, son côté un peu provocateur ! Ça ne ressemble à rien de répertorié, même si on y perçoit de nettes influences country. Bref, ça déchire… Je vous le recommande chaudement ; peut-être aurez vous plus de chance que moi pour le dénicher. Sinon, à la Fenac (prononciation locale), on peut le commander et attendre… Autrement il reste toujours le net et on peut chiner chez les revendeurs (mais je ne vois pas quel fou accepterait de se défaire d’un tel bijou)…

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Dans la série, j’ai-retrouvé-un « vieux » CD-oublié-et-je-me-demande-comment-j’ai-pu-m’en passer-si-longtemps ; Kathryn Williams, une anglaise dont la voix ressemble au vent, parfois grave et menaçante, parfois légère et rafraîchissante… et ses fidèles amies à cordes, acoustique et électrique. L’album dont il est question, Relation est une série de reprises au ton très juste de petites choses plus (I started a joke, Halleluja, Beautiful cosmos ( J J J))… ou moins connues. Du coup, j’ai aussi ressorti, à l’occasion des retrouvailles avec Kathryn W. un autre CD : Little Back numbers, où là, il s’agit de ses propres textes… Des petites choses fort agréables qui collent tout à fait à mon humeur du moment… A écouter lorsque l’on tente de refaire le monde au chaud, dans son lit, avec un bon bouquin et un bol de thé, le soir avant de dormir…

Non, Anis n’a pas qu’une belle gueule… Certes, c’est un petit plus, mais, le type a le mérite de l’originalité : ce n’est pas un énième chanteur de rap de la cité, pas un énième gars qui crache sa haine contre la société dans des chansons d’une violence inouïe… Chez Anis, tout est en douceur et dans le swing. La critique est juste et bien dosée, le ton parfois sarcastique, tout cela desservi par une bonne musique aux influences jazzy swing (voire manouche, on reconnaît le Django !), bluesy, reggae … Le mélange est surprenant très rafraîchissant, la cadence est agréable… Le Monsieur a même fait la prem’s de Tété !

Peut-on ne pas parler de l’Emilie ? La musique d’Emilie Simon… D’ailleurs, est ce vraiment de la musique ? Les ondes pénètrent par chaque pore et font vibrer les entrailles… C’est quelque chose que l’on ressent à l’intérieur. Les mots, justes, précis, touchent, émeuvent, énervent par leur justesse et par la véracité du propos… La demoiselle serait-elle en fait un peu comme nous ; Tourmentée, anxieuse, Fiévreuse et passionnée, en quête d’inconnu et de sensations nouvelles auxquelles on aspire et dont on a peur, tout à la fois… bref,… compliquée ?

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SOFT, à écouter sans modération

Le groupe SOFT (qui s'est produit ce matin sur France Inter CocoricoOoo !!! , bon, dans le fou du Roi, mais c'est pas mal quand même !), nous vient de la Guadeloupe (personne n'est parfait :-) :-) :-) ), et nous sort son premier opus, un véritable petit bijou musical, un son cristallin avec de bonnes cordes (bonne gratte) et des textes engagés ou (et) beaux tout simplement (l'odè l'anmou)... Les influences sont traditionnelles antillaises, jazzy, haïtiennes à certains moments... Un mélange détonnant où tout est artistiquement dosé...
A écouter encore et encore, on ne s'en lasse pas...
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